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La 5G, révolution ou pas ?

L’industrie des télécoms prépare à présent les technologies qui ont vocation à prendre la relève de la 4G qui est actuellement en cours de déploiement. Apparaît à l’horizon la 5G, 5e génération de technologie réseau mobile conçue pour répondre à la très grande croissance des données et à la connectivité de la société moderne.

Afin d’anticiper l’arrivée de cette nouvelle génération de technologies, il est normal de procéder à un large tour d’horizon de l’industrie pour mieux comprendre ce qui se prépare. L’année 2019 est une grande année pour la 5G qui va progressivement définir son planning de déploiement en France, en Europe et dans le monde avec pour seul et unique cap, sa mise en œuvre dans une grande ville de chaque Etat membre de l’UE en 2020.

La 5G qu’est-ce que c’est ?

Reposant sur le standard de transmission sans fil validé par l’organisation professionnelle IEEE (L’Institute of Electrical and Electronics Engineers) et fonctionnant avec un signal 5 Ghz, cette technologie doit en effet permettre de décupler le débit mobile actuel d’ici à 2022.

Le déploiement de petites cellules dans les centres urbains densément peuplés devrait représenter l’un des principaux investissements des opérateurs mobiles dans la perspective de la 5G.

A la veille du lancement de la 5G, il est probable que les opérateurs s’emploieront principalement à améliorer la couverture 4G existante dans les zones urbaines en déployant des petites cellules. Ces dispositifs augmenteront la capacité de réseau disponible, amélioreront la couverture dans les rues et renforceront la qualité globale du réseau, pour atteindre les niveaux exigés par les réseaux 5G. En majeure partie, ces déploiements interviendront dans des villes ou des centres urbains densément peuplés.

Où en est le déploiement ?

L’Europe semble alors faire tout son possible pour se hisser au premier rang de la liste des bons élèves de la révolution 5G dans le monde, et c’est à raison. Les enjeux économiques et politiques de ce projet sont sans précédent car même s’il peut s’avérer être un formidable accélérateur de développement des territoires, il peut également rebattre complètement les cartes de la compétitivité mondiale.

La technologie 5G ne fait pas état d’une rupture avec l’existant, mais apporte, au contraire, la solution technique aux limites de la fibre optique et de la technologie 4G qui continueront, par ailleurs, d’être déployées sur l’ensemble du territoire.

A Lyon, le groupe Bouygues annonce que 9 sites 5G sur les 39 autorisés par l’ARCEP (l’Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes) sont en tests. Ces antennes se situent dans les 3e et 6e arrondissements de la ville. Bouygues expérimente ainsi les équipements, débit de la 5G, mais aussi la latence. En janvier 2019, le premier appel 5G avait été passé à Lyon en condition réelle.

Pour quoi faire ?

Un moyen de lutte contre les déserts numériques : la 5G permettra l’accès à internet en haut débit dans les zones dites ” non conventionnées ” ou non fibrées. C’est une réelle nécessité au regard de la popularisation de certaines technologies informatiques hyper consommatrices de haut débit telles que la réalité virtuelle, le cloud gaming, le streaming ou encore l’usage de la 4K.

Une réponse au défi du Machine to Machine. Le ” M2M “, désigne l’ensemble des Solutions et Technologies permettant à des outils, des machines, des automates, des systèmes, de communiquer entre eux de manière automatique. L’apport de la 5G accélèrera le déploiement de technologies M2M novatrices présentes dans certains secteurs professionnels tels que l’industrie avec les usines connectées, l’automobile avec la conduite autonome ou encore le domaine hospitalier avec l’avènement de la numérisation de la médecine et la télé-chirurgie, et cela par une diminution substantielle de la latence de connexion (de 10 ms à 1 ms) entre les machines.

Un support au développement de l’IoT (Internet des Objets Connectés) : la technologie 5G améliorera nettement la densité d’appareils connectés au km² sans surcharge sur le réseau, ce qui répond à une plus grande utilisation des nouveaux objets connectés de plus en plus présents sur le marché.

Mais alors comment la 5G réussira-t-elle à révolutionner le monde du numérique à un tel niveau de performance me direz-vous ? C’est notamment par la promesse de l’utilisation d’un spectre plus élargi (au-delà de 6 GHz) appelé aussi ondes millimétriques.

Les ondes millimétriques offrent des débits plus importants mais ont une portée plus courte. Combinées aux fréquences en or de la 4G ayant un débit plus faible mais une plus grande portée (pouvant traverser les murs), elles offriront la couverture la plus performante et la plus optimale possible de nos régions en brisant définitivement les frontières entre l’internet fixe et l’internet nomade.

Quel est le coût de la 5G ?

À projet ambitieux, coût ambitieux ! Et la hauteur des investissements nécessaires à sa mise en œuvre est nettement inégale aux quatre coins du monde. En Europe par exemple, il sera deux fois plus élevé qu’en Amérique selon les prévisions. Entre les obligations importantes de couverture 4G fixées pour 2020 et les investissements prévus pour la 5G, la tension semble palpable. Mais selon le président de l’Arcep, Sébastien Soriano, la dynamique sur le marché français des télécoms en ce début d’année est positive et le régulateur veillera à son maintien : ” … le marché est reparti à l’offensive. […] Aujourd’hui, on ressent une dynamique positive, avec un investissement très élevé, avec le lancement de box, sur la commercialisation de la fibre et sur le marché des entreprises, vrai relais de croissance, qui s’annonce encore plus prometteur demain avec la 5G. “

Quel qu’en soit le coût, les autorités et opérateurs européens ne peuvent se permettre de manquer le virage de la révolution 5G au risque de mettre en jeu la compétitivité des nations européennes à l’échelle mondiale. Les pays, comme la Corée, qui marquent une nette avance dans leur positionnement sur le projet, pourront accroître et automatiser leurs infrastructures industrielles et donc mettre toutes les chances de leur côté pour élever leur place dans le commerce mondial.

L’actualité fait aujourd’hui débat autour de la neutralité des équipementiers chinois comme Huawei et nombreuses sont les nations, comme les Etats-Unis, l’Australie ou encore la Nouvelle-Zélande, à avoir protégé leurs territoires des intentions soupçonnées ” malveillantes ” du constructeur en officialisant son boycott. La Commission européenne à son tour discutera du cas Huawei dans les prochains jours, à savoir qu’un éventuel bannissement aura sans aucun doute un impact sur le calendrier du projet 5G jusqu’ici en 2020. Mais selon Sébastien Soriano, dans son entretien sur LesEchos.fr, il n’est pas impossible de déployer la 5G en Europe sans le constructeur. Le véritable défi pour l’Europe dans le monde aujourd’hui est surtout d’offrir un véritable marché européen de la 5G si elle souhaite maintenir son positionnement stratégique sur le marché numérique mondial.

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